Édito : Léon XIV à Lourdes

Édito : Léon XIV à Lourdes

Alors que le bonheur ici-bas est une réalité éphémère, relative, parfois hélas inaccessible pour certains, le bonheur véritable est en revanche promis à tous, en espérance ; et il devrait faire l’objet principal de notre recherche, de nos efforts et de nos choix. La Vierge Marie n’a-t-elle pas dit à sainte Bernadette : « Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre » ?

Cette promesse, proclamée ici-même, résonne avec une force particulière en cette terre de France et bouscule nos mentalités contemporaines. Dans ce moment de l’histoire, au sein d’une société en quête de progrès et de bien-être matériel, mais parfois tentée d’oublier l’horizon de l’éternité, Marie vient nous rappeler la grandeur et l’ampleur de notre vocation à la vie, à la vie éternelle. Face aux courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse, la Grotte de Massabielle se dresse comme un sanctuaire de l’espérance chrétienne.
Ici, aucune fragilité n’est rejetée. Vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles : ils sont le lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et transformés par l’amour infini de Dieu. Lourdes est le lieu béni d’une profession de foi en la beauté et la sacralité de la vie, car elle y est accueillie comme un don précieux de Dieu, appelé à s’épanouir pour l’éternité dans l’amour du Père.

« Je te promets » ! Oui, la vie éternelle est une promesse solide, certaine, que le Seigneur nous fait. Il nous l’a déjà obtenue par sa mort sur la croix et sa résurrection, et il la réalise déjà chaque jour en nous par la grâce du baptême. Elle est à notre portée, mais il nous appartient de l’accueillir librement, de la saisir, de ne pas y faire obstacle ; or l’obstacle à la grâce et à la vie éternelle, le seul obstacle, c’est le péché, le repli sur soi, ce refus de Dieu qui nous enferme dans nos obscurités! Notre responsabilité personnelle est donc en jeu, et elle est grande ! Dieu nous a voulu libres, car la liberté est une condition de l’amour ; on ne peut pas aimer par contrainte. Cette liberté qui nous est donnée, nous devons l’engager dans un “oui” au Christ, avec le secours de sa grâce, et à la suite de Marie ; un “oui” sans cesse renouvelé, et cela jusqu’à notre dernier souffle : “maintenant et à l’heure de notre mort…” disons-nous dans le “Je vous salue Marie”. (Homélie de la messe du dimanche 27 septembre à Lourdes)

Avant la prière de l’Angélus, je voudrais lancer un appel qui me tient particulièrement à cœur, me trouvant en ce lieu. C’est ici que la Vierge Marie est apparue à sainte Bernadette avec le chapelet et qu’elle a, pour ainsi dire, guidé sa prière. C’est pourquoi aujourd’hui, comme si je recevais d’elle cette demande, j’invite tous les fidèles et toutes les communautés chrétiennes à prier le saint Rosaire au cours du mois d’octobre prochain, avec l’intention particulière que cessent les guerres et que la paix s’instaure entre les peuples en conflit. Accompagnons cette prière d’actes concrets de pénitence et de miséricorde, avec l’engagement de toujours favoriser le dialogue et la réconciliation.

Que notre Très Sainte Mère intercède pour nous ! (Angélus du dimanche 27 septembre à Lourdes)