Chaque année, la Pentecôte nous invite à vivre notre foi comme un laboratoire de vie où souffle l’Esprit Saint.
Il est si facile de s’enfermer. Par peur du monde, par fatigue, ou simplement par habitude, nous avons parfois tendance à vivre notre foi « portes closes », à l’image des disciples avant le grand bouleversement de la Pentecôte. Nous gérons nos petits acquis, nous répétons nos formules, et nous oublions que le christianisme n’est pas une doctrine de gestion de crise, mais une aventure de l’impossible.
Vivre dans l’Esprit Saint, c’est laisser une Personne Divine transformer notre quotidien de l’intérieur. C’est passer du mode « moteur » — où tout dépend de notre énergie individuelle — au mode « voilier », où l’on accepte d’être guidé, porté et surpris.
Là où nos forces s’épuisent, l’Esprit Saint vient injecter sa créativité et sa force : Il nous entraîne vers l’extérieur pour porter à tous la Bonne Nouvelle du Salut.
Il est ce « défenseur » et ce « consolateur » promis par le Christ, non pas pour nous éviter les tempêtes, mais pour nous apprendre à naviguer au milieu d’elles avec une paix qui dépasse tout ce que nous pouvons planifier.
Saint Seraphim de Sarov disait que « le but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition de l’Esprit Saint ». Cet automne (ou : en ce temps de Pentecôte / en cette saison), l’invitation qui nous est faite est simple mais radicale : redescendre de notre mental, cesser de vouloir tout contrôler, et réapprendre à dire « Viens ».
« Viens, Esprit Saint. » Trois mots tout simples, une prière de pauvre, mais qui a le pouvoir de faire basculer une journée de la grisaille du devoir accompli à la lumière de la grâce reçue.
N’ayons pas peur de ce Souffle. Il ne bouscule que ce qui nous enferme et ne brûle que ce qui nous empêche d’aimer. Laissons-le respirer en nous, pour qu’à notre tour, nous puissions redonner un peu d’air pur à ce monde qui étouffe.
Vivre dans l’Esprit, c’est accepter de ne pas tout contrôler. C’est oser ce cri du cœur, aussi court qu’efficace, au début de chaque matin : « Viens, Esprit Saint ».
En ce jour de fête, ne demandons pas de petites grâces timides. Demandons le feu ! Un feu qui ne détruit pas, mais qui réchauffe, qui éclaire et qui purifie. Que ce Souffle de la Pentecôte nous pousse dehors, hors de nos peurs et de nos replis, pour que nous soyons enfin ce que nous sommes appelés à être : des vivants.
Que l’Esprit Saint vienne renouveler nos vies pour porter l’Amour de Dieu au cœur de chacun !
Thibaut +