Du Cénacle à nos rues : vivre l’attente

Du Cénacle à nos rues : vivre l’attente

Les jours qui s’écoulent entre l’Ascension et la Pentecôte constituent un temps de maturation singulier, semblable au repos nécessaire que la terre observe avant la récolte. Au Cénacle, les Apôtres se tenaient dans la prière avec Marie. Pour nous, à Reims, ce « Cénacle » revêt désormais le visage de nos églises, de nos groupes de partage ou, plus secrètement, celui du silence qui habite nos trajets matinaux.

L’Ascension ne saurait être interprétée comme un adieu. Le Christ ne s’éloigne pas dans les nues pour nous abandonner à nos soucis de santé, nos défis professionnels ou nos inquiétudes familiales. En entrant dans la « seigneurie de Dieu », il se rend présent à chaque fragment de notre réel, de la place Royale aux quartiers les plus périphériques. Son absence physique inaugure, en vérité, une proximité nouvelle et plus intime.

Cet « entre-deux » vient bousculer notre tentation de l’activisme. Parfois, nous nous épuisons dans la volonté de tout régir par nous-mêmes, au sein de la paroisse ou de nos propres existences. Le Cénacle nous rappelle que la mission ne procède jamais de notre agitation, mais de cette capacité à redevenir les « serviteurs » de l’Esprit.

Attendre la Pentecôte, c’est exercer notre désir : avons-nous encore soif de cette force invisible qui transforme le monde ? En priant à l’exemple des disciples, nous comprenons que le Ressuscité veut agir à travers nos mains et nos paroles. Ce que Jésus a semé, l’Esprit Saint le fait fructifier aujourd’hui dans notre histoire rémoise. Soyons prêts à passer de la simple présence à la puissance invisible qui change les cœurs.

Père Pierre +