Ce dimanche, l’Église nous invite à contempler la Miséricorde. Cette fête semble aujourd’hui indissociable de la figure du Christ Ressuscité, son institution est le fruit d’une histoire singulière qui traverse le temps et les frontières.
Tout commence dans les années 1930, entre les deux guerres mondiales, dans le silence d’un couvent en Pologne. Une jeune religieuse, Sœur Faustine Kowalska, reçoit des révélations privées où le Christ demande explicitement que le premier dimanche après Pâques soit consacré à Sa Miséricorde.
Il faudra cependant attendre l’an 2000 pour que cette intuition spirituelle devienne une réalité universelle. C’est lors de la canonisation de Sœur Faustine, en plein Jubilé, que Saint Jean-Paul II institua officiellement cette fête pour l’Église entière. Ce Pape, qui avait survécu au nazisme et au communisme, savait mieux que quiconque que seule la miséricorde peut mettre une limite au mal et aux cycles de vengeance.
L’ancrage historique de cette fête nous rappelle qu’elle n’est pas née dans un climat de sérénité, mais comme une réponse à la souffrance humaine. L’Évangile de ce jour nous ramène au soir de Pâques : les disciples sont terrés derrière des portes verrouillées par la peur.
En se tenant au milieu d’eux, le Christ ne leur demande pas de comptes sur leur abandon. Les disciples sont enfermés, prostrés par la peur et la culpabilité. C’est là, dans cette impasse humaine, que le Ressuscité se tient au milieu d’eux. Sa première parole n’est pas un reproche, mais un don : « La paix soit avec vous ! » Il leur offre Sa Paix.
Comme le rappelait si bien le Pape François, la miséricorde est « l’instrument de la paix ».
Elle nous demande de voir en l’autre, non pas un adversaire à abattre, mais une fragilité à secourir.
« L’humanité n’aura pas de paix tant qu’elle ne s’adressera pas avec confiance à Ma Miséricorde. »
(Petit Journal de Sainte Faustine)
Que ce dimanche nous aide à briser nos propres verrous et à devenir les messagers d’une tendresse capable de changer le monde.
Belle fête de la Miséricorde à tous.
Thibaut +